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Ces chiffres
nous informent dans quelle mesure les méthodes de traitement alternatif ont
servi dans le cadre de ma propre pratique médicale. Je n’ai malheureusement
aucun moyen de préparer l’analyse exhaustive et comparative dont je rêverais,
faute de plus amples données statistiques. Je tombe parfois dans des ouvrages médicaux
sur des publications critiques concernant l’activité des spécialistes en médecine
naturelle, sans pour autant avoir jamais eu l’occasion d’examiner les résultats
détaillés de ce genre d’analyses. En général, les critiques se bornent à
des clichés.
De
quoi dépend la réussite du traitement ?
Du naturopathe,
comme du patient. Nous aborderons la question de savoir comment cela dépend-il
du naturopathe dans le chapitre suivant (“ Comment éviter les charlatans ? ”).
Mais dans
quelle mesure le résultat du traitement dépend-il du patient ? Dans une
très grande mesure. Je classerais les patients dans trois catégories.
1. Ceux sur qui toutes les méthodes
sont efficaces. Il existe des gens sur lesquels agissent même les méthodes
simplettes d’un naturopathe inexpérimenté. Leur système d’autorégulation
réagit facilement et rapidement à toutes sortes de traitement.
2. Ceux qui opposent une résistance
modérée face au traitement. Naturellement, ils ne le font pas consciemment.
“ Qu’est-ce que je vais avoir en échange de ma maladie ? ”,
se bornerait à demander le subconscient d’un patient. La médecine
naturelle consiste principalement en une lutte avec le subconscient du
patient. Étant donné que le subconscient est sournois et insaisissable, il
est impossible de le maîtriser par la force, seulement par la ruse.
3. Ceux qui opposent une résistance
active face au traitement. Naturellement, eux non plus ne le font pas
consciemment. La victoire du subconscient consiste en ce que le patient ne
guérisse pas. Le subconscient veut dominer la conscience et le naturopathe.
L’un des
jeux que pratiquent les patients appartenant au troisième groupe se résume à
“ personne ne peut m’aider ”. Parmi ceux-ci, quelques uns se
tournent aussi sans le vouloir vers des naturopathes médiocres, passant de
l’un à l’autre, ceci justifiant leur “ incurabilité ”.
Eric Berne, dans son ouvrage
intitulé “ Des jeux et des hommes ”, pour illustrer ce type
invoque le jeu “ Psychiatrique ”. La conscience du patient (pour
Berne l’“ adulte ”) s’adresse ainsi au médecin : “ Je
suis venu vous voir pour que vous me guérissiez ”, tandis que son
subconscient (pour Berne l’“ enfant ”) dit : “ Vous
n’arriverez jamais à me soigner, par contre vous pouvez m’apprendre à
devenir un névrosé plus malin ” (en d’autres mots : comment
arriver le plus astucieusement à jouer le malade).
Le caractère prédominant du
programme de maladie de ce genre de patients n’est pas “ focalisons-nous
sur la guérison ”, mais “ de toute façon je ne guérirai pas ”.
Une autre astuce du
subconscient – contre le malade et le thérapeute – oriente le patient de façon
à ce qu’il ne concentre pas son attention sur les symptômes ayant déjà
disparu, mais sur ceux qui persistent encore.
Il arrive fréquemment que ce
genre de patient se présente pour une séance en précisant que la précédente
n’a fait aucun effet. “ J’ai toujours autant mal aux lombaires
qu’avant ”, affirme-il sur un ton victorieux. Le naturopathe jette
alors un coup d’œil sur les fiches où sont notés les symptômes ayant précédé
le traitement, et lui demande : “ Vous souffriez auparavant
d’insomnie, comment vous sentez-vous à présent ? ” - “ Je
dors bien, maintenant. ” - “ Et votre constipation ? ”
- “ C’est aussi passé. ” Par conséquent, le traitement a-t-il
été efficace ou non ?
Et quelle est l’opinion du
patient sur tout ceci ?
Si les symptômes disparaissent
au cours du traitement, le malade répond qu’ils ont “ disparu tout
seuls ”.
Dans la mesure où il s’est
avéré que les symptômes ont disparu effectivement pendant les séances et
qu’il serait déplacé de le nier, le patient accepte, même à contre-cœur,
le fait que le traitement a été efficace.
Si vous décidez de vous
tourner vers un spécialiste en médecine naturelle, vous devez avant tout vous
persuader vous-même d’y aller pour guérir, ou si c’est seulement pour
essayer. Ceci est une question de principe, car l’efficacité ou non du
traitement en dépend dans une large mesure.
Il n’est pas non plus la
peine de jouer au jeu qui s’oppose à la “ Psychiatrie ”, décrit
par Eric Berne dans son ouvrage cité précédemment, sous le titre “ La
Paysanne ” :
“ Le professeur
examine une paysanne qui souffre d’arthrite et trouve son cas tellement
intéressant qu’il la présente à une démonstration clinique effectuée
devant des étudiants en médecine. Il indique non seulement la pathologie,
les symptômes et le diagnostic, mais aussi le traitement. Cela pénètre
de respect la paysanne. Avant son départ, le professeur lui remet une
ordonnance, et lui expose le traitement plus en détail. […] Toutefois,
elle ne fait jamais exécuter l’ordonnance. D’abord, il n’y a pas de
pharmacien dans sans village ; en second lieu, même s’il y en
avait un, jamais elle ne consentirait à se séparer d’un aussi précieux
document. Il ne lui est pas non plus facile de suivre le reste du
traitement, tel que régime alimentaire, hydrothérapie, etc. Elle
continue, aussi infirme qu’avant, mais désormais heureuse car elle peut
raconter à chacun le merveilleux traitement prescrit pour elle par le
grand professeur […].
Des années plus tard, le
professeur […] vient à traverser le village […]. Il se souvient de la
paysanne au moment précis où elle se précipite afin de lui baiser la
main, et de lui remémorer le merveilleux régime ordonné par lui voilà
si longtemps. Il reçoit ces marques de vénération avec bonne grâce,
particulièrement satisfait quand la paysanne lui dit tout le bien que le
traitement lui a fait. À la vérité, le professeur est tellement ému
qu’il ne remarque pas que la paysanne boite autant que jamais. ”
Ceci n’est
toutefois qu’un cas spécial de “ guérison ”. En réalité, un
grand nombre de malades se sentent effectivement bien après un traitement.
Devons-nous
y croire ?
Si vous
affirmez croire en la médecine naturelle et être sûr de guérir, c’est que
de manière inconsciente vous ne dites pas la vérité, même si c’est ce que
vous ressentez réellement. De fait, ce n’est pas vous qui le croyez, mais
votre moi conscient. Votre subconscient cependant, avec lequel vous aurez à
faire en premier lieu durant les soins, ne croit ni rien ni personne.
À l’inverse, si vous
affirmez que vous ne croyez absolument pas en la médecine naturelle ni à la réussite
des traitements, vous “ mentez ” alors de la même manière sans
en avoir conscience. Au fond de votre âme, il y a quand même une petite lueur
d’espoir que “ ça puisse marcher ”, ce qui est juste suffisant
pour atteindre de bons résultats.
Le fait de croire en la médecine
naturelle n’est pas une condition indispensable à la guérison.
Si un patient me contacte en ne
cessant de déclarer qu’il “ croit beaucoup en moi ”, cela me
rend avant tout prudent, car je sais que dans ce cas, le combat mené pour la guérison
ne sera pas facile. En revanche, lorsqu’un patient ne me couvre pas de
compliments et se contente de dire “ on verra ”, les résultats
surviennent en général plus rapidement.
Jusqu’à
quand le résultat ?
Je ne peux répondre
à cette question que de manière approximative, parce que si le patient se sent
bien après le traitement, il ne reviendra plus. Si le traitement n’agit que
pendant une courte période, peu de patients se manifestent à nouveau.
Toutefois, à partir du récit des patients qui sont revenus pour un contrôle
et de ceux que j’ai rencontrés par hasard dans la rue, je sais que chez les
joueurs du jeu “ Personne ne peut m’aider ”, la guérison a duré
minimum quelques mois, voire parfois quelques années. Parmi les patients qui
après mes séances se sentaient en pleine forme, pour plus de la moitié
d’entre eux leurs symptômes ne sont plus jamais réapparus.
Les
résultats du traitement selon le patient
J’ai choisi
au hasard quelques avis figurant dans le livre des visiteurs de mon cabinet.
N’importe lequel de mes collègues pourrait présenter des avis similaires.
“ On m’a prescrit
l’hospitalisation pour des calculs biliaires. À l’hôpital, on m’a
également soignée pour des douleurs à la poitrine et à la colonne,
ainsi que pour de l’hypertension artérielle. Je suis allée d’un médecin
à l’autre, sans résultat. Le spécialiste en médecine naturelle était
mon dernier espoir. Je suis donc venue vous voir. Après la deuxième séance,
un miracle s’est produit : je n’ai jamais ressenti un si grand
bonheur. Suite à la troisième séance, c’était comme si je n’avais
jamais eu mal à l’estomac. Je n’avais plus le ventre gonflé et je
pouvais manger de tout. L’échange d’énergie a été particulièrement
efficace, comme si j’avais changé de corps. Je viens de finir ma cinquième
séance et je me sens en pleine forme. Mais pas seulement moi, les examens
en laboratoire l’ont également confirmé. ” P. E.
“ J’ai souffert
des années de rhume des foins, et vous, en trois séances, vous m’avez
guérie. ” V. B.
“ Le docteur m’a
guéri d’un alcoolisme dont je souffrais depuis dix ans. En bref, cela
fait quatre ans que je ne bois plus et l’alcool ne me manque pas ;
je suis devenu un nouvel homme. J’ai retrouvé mes enfants, nous formons
à nouveau une famille. ” R. I.
“ Lorsque je me suis
tournée vers vous, Docteur, j’avais terriblement mal au genou. Je
pouvais à peine marcher, et absolument pas travailler. À trente-cinq ans,
je me sentais totalement invalide. Après la deuxième séance, j’ai déjà
senti une amélioration notable, et après la quatrième, les douleurs ont
complètement disparu. ” B. F.
“ Mon fils Pierre a
huit ans. Il a passé toute sa vie d’un médecin à l’autre, d’un
service à l’autre. Le diagnostic était de l’asthme grave, eczéma,
chute de cheveux. Avant, je ne croyais pas aux miracles. À présent, oui.
Après le traitement que vous lui avez fait suivre, il n’y a plus aucune
trace d’asthme, la peau de mon fils est redevenue normale et ses cheveux
ont repoussé. ” A. V.
Un jour, une
femme d’environ 35 ans m’a contacté. Elle se plaignait d’avoir
constamment la tête qui lui grattait. Des dermatologues l’avaient examinée
à plusieurs reprises, “ ils n’avaient rien trouvé ”, mais lui
avaient prescrit quantité de crèmes, de cataplasmes et autres futilités. Sans
résultat.
J’ai pensé que s’“ ils
n’avaient rien trouvé ”, cela ne pouvait être que “ d’ordre
nerveux ”. J’avais déjà eu affaire dans la pratique à des cas
similaires. Une semaine après la première séance, la femme est revenue me
voir et m’a dit que la séance précédente “ n’avait rien donné ”.
J’ai commencé par avoir des soupçons, pour penser ensuite que ce n’était
pas une forme d’opposition au traitement, mais quelque chose d’autre.
J’en ai
alors cherché les raisons, et nous avons entamé le dialogue suivant :
- Combien de fois par semaine
vous lavez-vous les cheveux ?
- Comme il se doit, une fois
toutes les trois semaines. (sic !)
- Et après avoir lavé vos
cheveux, votre tête vous gratte-t-elle ?
- Non, pas pendant quatre
jours, mais après, ça recommence à me gratter.
- Et bien, vous devriez plutôt
vous laver la tête tous les cinq jours. C’est le seul remède dont vous
avez besoin. Vous n’avez pas besoin de mon aide.
- Mais, c’est mauvais pour
la santé, a répondu la femme, pour me demander ensuite que je poursuive le
traitement. Après avoir répondu par la négative à sa question, elle
s’est fâchée et est partie trouver un naturopathe plus permissif.
Comment
éviter les charlatans ?
Afin de
pouvoir comprendre les principaux traits du charlatanisme, réfléchissons à
ceux qui ont été affublés de ce nom. Selon la Bible, les Pharisiens ont dit
que c’était “ par le Prince des démons ” que le Christ
guérissait.
L’étiquette de charlatan a, à leur époque, été collée sur Samuel
Hahnemann, à l’origine de l’homéopathie, le docteur Messmer ayant dû
s’exiler de Vienne, Sigmund Freud et autres célèbres médecins et praticiens
de la médecine parallèle.
Les sceptiques, ceux qui
n’ont aucune idée de ce que signifie la médecine naturelle, ont tendance à
traiter n’importe qui de charlatan. Par conséquent, les gens sont facilement
convaincus que toute la médecine alternative n’est qu’une grande
escroquerie. Pensez par exemple aux acuponcteurs qui utilisent des points que
personne n’a jusqu’ici vu à l’œil nu, aux bioénergéticiens qui
agissent dans un espace mystique qu’aucun instrument ne peut détecter, ou
encore aux homéopathes qui prescrivent des produits dans lesquels les molécules
médicamenteuses dont ils tirent le nom se trouvent en une quantité
infinitésimale.
Voilà le genre d’arguments
qu’avancent les “ défenseurs ” de la médecine conventionnelle
et les adversaires de la médecine alternative.
Si cette médecine est
alternative, c’est justement parce qu’elle ne s’insère pas dans la
logique habituelle de la médecine. Elle a ses propres règles. Cela devient du
charlatanisme et de l’escroquerie si quelqu’un n’a ni connaissance de ces
règles ni aucune expérience pratique sur le terrain médical. J’ai rencontré
des acuponcteurs qui connaissaient en tout et pour tout 5 ou 6 points, des “ homéopathes ”
qui étaient incapables de prescrire plus de 4 ordonnances, des “ bioénergéticiens ”
qui avaient une idée bien floue de la bioénergie, et des apôtres naturopathes
qui s’étaient élevés à leur rang tout seul.
Pourquoi donc ces escrocs
aiment tant les cancéreux ? Parce que si une personne apprend qu’elle
est atteinte de cette affreuse maladie, l’argent n’a alors pour elle plus
aucune valeur. “ Que faire de l’argent, de toute façon je vais mourir ? ”
Ces personnes seraient capables de donner n’importe quelle somme, même si
elles devaient vendre leur maison, en contrepartie d’un espoir de guérison.
C’est une autre chose
lorsqu’un débutant inexpérimenté n’est certes pas un charlatan, sans pour
autant être un véritable naturopathe. Bien que ce cas-là ne soit pas non plus
dépourvu d’ambiguïté.
Prenons une situation spéciale :
deux infirmières travaillent dans un service de réanimation. Elles tentent
jusqu’au prochain tour de garde de maintenir en vie un malade mourant. Elles
ne connaissent absolument rien des lois de la bioénergie, mais de manière
intuitive se placent respectivement à la tête et aux pieds du lit en tendant
les bras vers le mourant. De cette manière, elles créent une sorte de champ énergétique
qui empêche l’“ âme ” du malade de partir. Et le malade
condamné ne meurt pas. Ces deux infirmières font-elles du charlatanisme ?
À mon avis, personne ne leur collerait délibérément cette étiquette.
Montrez-moi vos papiers !
Lorsqu’il
est question de guérison, il arrive fréquemment qu’un naturopathe de grande
publicité s’avère être des plus médiocres, soit que ses qualités
s’affichent davantage dans son auto-publicité que dans le résultat des soins.
De tels documents qui prouveraient les qualités d’un naturopathe n’existent
pas.
Il existe en revanche un diplôme
de formation supérieure Relations d’aide et potentiels humains (diplôme de
formation supérieure en médecine naturelle), qui justifie qu’un naturopathe
donné est autorisé à exercer sur des gens.
Au moment d’arriver au
cabinet de consultation, vous devez être absolument certain que le naturopathe
dispose de ce document.
Pourquoi avez-vous choisi cette
profession ?
Vous ne devez
évidemment pas poser cette question durant la séance, mais lorsque le moment
s’y prête, vous pouvez tenter de découvrir comment votre thérapeute est
devenu spécialiste dans le traitement que vous suivez.
Chacun poursuit son propre chemin. Il existe toutefois des modalités pour ce faire. Examinons
quelques-unes d’entre elles.
Première variante : une
personne qui souffre d’asthme respiratoire, de rhumatisme ou de n’importe
quel autre problème est souvent obligée de faire appel à un médecin, mais
finit plus ou moins tôt par être désillusionnée de la médecine et par “ prendre
en main ” sa propre guérison. Dans la mesure où son âge et les doutes
qu’elle émet à l’égard de la médecine conventionnelle ne lui fournissent
pas la possibilité de poursuivre des études universitaires de médecine, cette
personne commence par lire des ouvrages spécialisés, puis s’inscrit dans un
cours pour suivre une formation en médecine naturelle, en espérant qu’elle
arrivera par la suite à s’auto-guérir. Nombre de mères se retrouvent dans
cette situation parce que leur enfant souffre d’une maladie incurable.
Après avoir suivi cette
formation, environ une personne sur trois est effectivement capable dans une
certaine mesure d’améliorer son propre état de santé ou celui de ses
proches (ce qui n’est pas peu de chose), tandis qu’une personne sur cent
poursuit les deuxième et troisième degrés de la formation pour ensuite
exercer de manière professionnelle, c’est-à-dire soigner en contrepartie
d’argent.
Deuxième variante : “ Mon
travail m’ennuie et j’ai un faible salaire. Du reste, il faudrait que
j’arrive à quelque chose. J’ai essayé d’entrer dans une grande société,
mais ma candidature a été rejetée. J’ai goûté au commerce, ça n’a pas
marché. Pourquoi ne pas devenir naturopathe ? En ce moment, c’est
quelque chose qui intéresse presque tout le monde. Et si j’étais fait pour
cela ? ”
C’est ainsi que quelqu’un
devient un “ artisan-naturopathe ” préférant s’occuper de son
portefeuille que de ses patients.
Troisième variante : il y
a des gens qui ne peuvent vivre sans hobby. Quoiqu’elles touchent, ces
personnes deviennent performantes dans tout. Ce passe-temps favori peut-être la
mécanique, l’art culinaire, la peinture, la couture, les langues,
l’informatique et bien d’autres choses, dont la médecine naturelle. Avec le
temps ce hobby peut se transformer en une profession, comme il peut demeurer un
hobby à un niveau plus élevé.
Cette troisième voie menant à
la profession de naturopathe est préférentielle aux deux précédentes, malgré
qu’elle renferme également des lacunes. D’une part, la médecine est une
branche professionnelle qui, en effet, nécessite obligatoirement au moins une
formation traditionnelle de deuxième degré, avec en plus quelques années de
pratique effectuées sous la surveillance d’un médecin spécialiste.
D’autre part, je connais plusieurs personnes éminentes qui ont lu une
montagne d’ouvrages spécialisés, ont poursuivi différentes formations,
connaissent leur sujet sur le bout des doigts et peuvent l’enseigner ou même
en écrire un livre, mais sont incapables d’une seule chose : guérir.
Quatrième variante : la
tradition familiale. Les vrais guérisseurs populaires ont grandi dans cette
activité et ont acquis les finesses du métier à travers leurs parents ou
leurs proches. Il est extrêmement important que l’apprentissage de cet art ne
se fasse pas dans une salle de conférence, mais aux côtés d’un Maître ou
d’un Professeur en train de soigner ses patients.
Cinquième variante : la
personne ayant un talent inné, une maturité spontanée. Cette variante est
plutôt rare. Il est plus fréquent que le “ talent inné ”, qui
n’existe pas en réalité, soit seulement un coup de publicité.
Sixième variante : le médecin
qui a passé sa vie dans la médecine conventionnelle et qui, un beau jour, sent
que les médicaments ne satisfont pas une guérison complète. En conséquence
de quoi, ce médecin apprend l’acuponcture, l’homéopathie, la guérison
manuelle et bien d’autres.
Les septième, huitième et
vingtième variantes relèvent de cas spéciaux qui ont leur propre raison d’être,
mais qui en pratique sont bien plus rares que les six premières versions.
Pourquoi avez-vous besoin d’un
trousseau de clés et d’un passe-partout ?
Pour ouvrir
une porte fermée, nous avons besoin d’une clé. Pour ouvrir plusieurs portes,
il nous faut alors un trousseau entier. Dans notre cas la porte est le patient
qu’il “ faut ouvrir ”, afin d’“ en ôter ” la
maladie, la clé étant la procédure de guérison.
Les médecins
alternatifs et les naturopathes se classent en trois groupes :
1. Ceux qui utilisent la même
clé partout. Cela signifie que ce genre de spécialiste ne connaît qu’une
seule méthode et se borne à n’utiliser que celle-ci, indépendamment du
type de maladie.
2. Ceux qui possèdent quelques
clés (moins paresseux et qui ont appris quelques méthodes thérapeutiques).
Par rapport au premier cas de figure, il y a beaucoup plus de chance pour que
celui-ci guérisse le malade. Le spécialiste appartenant à cette catégorie
choisit dans son éventail ce dont le malade a exactement besoin et n’enfile
pas la mauvaise clé dans la serrure.
3. Ceux qui possèdent des clés
spéciales (n’ouvrant que des portes spéciales). La porte spéciale est le
malade avec sa maladie propre et particulière. Dans ce cas, ce n’est pas
n’importe quel spécialiste qui convient, mais un en particulier, qui sait
comment soigner une maladie donnée – bégayement, incontinence d’urine,
phobies, alcoolisme, tabagisme, déplacement des vertèbres. Ce genre de
naturopathe n’accepte pas tous les patients, mais seulement ceux qui
correspondent à leurs connaissances professionnelles. Personnellement, je crois
bien plus en ce genre de spécialistes qu’en ceux qui “ acceptent tout ”.
Bon, mais
qu’est-ce que le passe-partout ? La notoriété. Un spécialiste de renom
soigne plus de patients que celui qui est moins reconnu, c’est un fait. Je
pense que les résultats sont en partie dus à la qualification, l’expérience
et les qualités, mais qu’ils dépendent pour la seconde moitié du simple
fait que le traitement a été poursuivi par un médecin ou un naturopathe de
renom. C’est l’ordre des choses et cela fonctionne comme un bon catalyseur
dans le mécanisme d’autorégulation du malade.
La Cour ! Levez-vous !
En ce qui concerne la médecine
naturelle, nous devons penser non pas en terme de procédure juridique pénale,
mais éthique. Si dans certaines professions la question de l’éthique humaine
ne revêt pas une grande importance, chez les naturopathes, elle est
fondamentale.
L’inexistence d’éthique en
médecine naturelle se caractérise par trois paramètres principaux :
- la négligence de sa propre
incompétence ;
- le mensonge ;
- la suprématie de l’argent.
Aucun médecin
ou naturopathe ne dispose de connaissances illimitées. Personne n’est compétent
“ en tout ”. Tous ceux qui travaillent avec des malades sont
parfois forcés de négliger leur propre incompétence. Mais seulement jusqu’à
la limite du primum non nocere (l’acte médical ne doit en aucun cas nuire).
Je tiens l’histoire suivante
d’un de mes anciens professeurs. Un jour, sa fille s’est aperçue qu’elle
avait une boule dans le sein. Après des examens médicaux, les médecins ont
affirmé qu’il fallait opérer. Comme cette femme était encore jeune, elle
“ ne voulait pas enlaidir sa poitrine ” et a demandé l’aide
d’un spécialiste en médecine naturelle pour la soigner. Bien qu’il avait
connaissance de la décision des médecins, le “ naturopathe ” lui
a malgré tout affirmé qu’il la guérirait “ sans aucune opération
que ce soit ”. Il lui a prescrit des cataplasmes d’eau chaude, en lui
stipulant de revenir un mois plus tard. Ensuite, bien que la tumeur ait entre
temps grossi, il lui a de nouveau prescrit un mois de traitement. Et puis…, la
jeune femme est morte, car il était alors trop tard pour extraire la tumeur de
son organisme.
Sommes-nous face à un cas
unique ? Non, ceci est un délit qui arrive couramment et qui n’est pas
puni.
Fréquentes sont les publicités
situées à la frontière de l’incompétence et du mensonge, du genre “ Je
soigne complètement le psoriasis, le diabète, la cataracte, le cancer ”
et autres maladies très difficiles à guérir. Le mensonge signifie également
discréditer la médecine alternative et la pratiquer à un niveau
charlatanesque – non croyance dans l’efficacité des méthodes alternatives,
non connaissance de leurs règles, non intention de les comprendre.
Un naturopathe qui prescrit une
cure inutile et qui sans aucune raison enchaîne le patient à lui au lieu de
l’envoyer consulter un médecin spécialisé pour son cas correspond à la
manifestation fréquente du comportement d’un individu avide d’argent. La
prescription de soins inutiles ne donne pas lieu à commentaire. En revanche,
“ l’enchaînement du patient ” est dans tous les pays une
habitude courante des naturopathes, tout comme des médecins. L’un de mes
collègues,
qui auparavant travaillait en Allemagne en tant qu’assistant d’un médecin
spécialiste des organes internes, m’a raconté le cas suivant : un
malade s’est présenté à maintes reprises chez ce spécialiste pour des
spasmes chroniques aux reins. Le médecin lui avait depuis des mois prescrit des
médicaments qui n’agissaient aucunement sur sa maladie, mais très bien sur
son portefeuille. S’étant rapidement aperçu de la situation, mon collègue
a, sans que le docteur le sache, immédiatement envoyé le malade consulter un
urologue. Après avoir procédé à un effritement des calculs rénaux, le
malade a vu ses douleurs disparaître complètement.
Les gens ont l’impression que
la morale ne fait pas partie de la science médicale. Ce qui n’est absolument
pas vrai. Les médecins et les spécialistes de la médecine naturelle
possèdent,
comme n’importe qui d’autre, à une grande échelle de bonnes et de
mauvaises qualités au moyen desquelles ils ont une relation éthique avec leurs
patients. Toutefois, afin de vous éviter, cher lecteur, de marcher sur les
dents d’un râteau au beau milieu d’une remise sombre, faisons un bref résumé
de tout ce qui figure ci-dessus.
Vers qui ne pas se tourner ?
Les “ effrayants ”, les “ testeurs ”, les “ condescendants ”.
Évitez ceux qui “ guérissent à
100% ”, ceux qui sont incapables de juger objectivement leurs résultats
en différenciant la réussite de l’échec.
Ne croyez pas ceux qui affirment que
leur méthode guérit toutes les maladies.
Ne vous tournez pas vers ceux qui
s’opposent à la médecine officielle et qui font leur publicité en dénigrant
tout le monde, ceux qui affirment qu’ils sont les seuls à pouvoir vous
guérir,
ceux qui sont incapables de conseiller à un patient d’aller consulter un
autre médecin spécialiste.
Plus un naturopathe s’exprime de manière
incompréhensive et “ scientifique ”, plus il est probable que
sa “ médecine ” ne vaut rien.
En médecine naturelle, les titres
n’existent pas. Si vous rencontrez le président d’un “ institut
parapsychologique ”, un “ membre de l’Académie des sciences
de l’acuponcture ” ou encore un “ professeur en bioénergie ”,
sachez que vous avez affaire à une escroquerie.
Vers qui se tourner ?

Ceux qui disposent d’un certificat officiel pour exercer l’activité de
spécialiste en médecine naturelle.
Renseignez-vous sur le fait de savoir
depuis combien de temps la personne concernée exerce-t-elle en tant que spécialiste
en médecine naturelle. Plus cette période est longue et la personne
renommée,
meilleures sont ses capacités.
Tournez-vous vers des spécialistes qui
connaissent plus d’un moyen thérapeutique. Si un praticien n’en connaît
qu’un seul et que les résultats du traitement sont faibles, je vous
conseille d’en consulter également d’autres.
Ne vous attachez pas à une seule et
unique personne. N’ayez pas peur de changer de méthode thérapeutique ou
de praticien. Après un certain temps, vous accumulerez assez d’expérience
pour vous apercevoir de qui est qui.
Au moment de juger un spécialiste en médecine naturelle, utilisez les mêmes critères que ceux employés pour les mécaniciens
ou les maçons. Votre décision doit être prise sur la base de votre
sympathie personnelle et de l’expérience de la vie.
Le
choix du thérapeute
Par
quoi commence la recherche d’un spécialiste en médecine naturelle ? Si
aucune de vos connaissances n’est en mesure de vous informer, vous pouvez
toujours regarder dans les petites annonces. Mais faites attention ! Le but
de toute publicité se résume à “ Dépensez votre argent chez nous ”.
Cet exemple vaut aussi bien pour les réfrigérateurs et les aspire-miettes, que
pour les centres de médecine naturelle.
En règle générale, plus la
publicité est grande et retentissante, moins bon est le produit que l’on veut
nous refiler.
Parce que finalement,
qu’est-ce que veulent nous inculquer les directeurs de publicité ? Que
la lessive de la publicité est bien mieux que la lessive “ en général ”.
Que les vacances dans untel pays sont moins chères que dans les pays “ en
général ”. Que cette voiture est la plus…, en un mot : vous
devez acheter cette voiture, et c’est tout.
Qu’est-ce que ces publicités
ne disent pas ? Que la lessive-miracle est des plus générales, c’est-à-dire
une lessive moyenne. Que si dans ce pays moins riche les vacances sont peu
chères,
c’est parce que les gens exigeants ne s’y rendent pas pour passer leurs
vacances. Que si le prix de la voiture de rêve dans la publicité est quelque
peu plus élevé que les autres, sa consommation est en revanche bien plus
grande.
Publicité
égale donc escroquerie ?
Le
rôle de la publicité est d’attirer. Et bien entendu de nous persuader
qu’en échange de l’acquisition d’un objet attirant, nous concédions
quelques billets de banque. C’est très clair. Chacun reçoit ce qu’il
convoite.
Les publicités pour les
services de spécialistes en médecine naturelle ont évidemment leurs propres
particularités. Mais si de quelle que façon que ce soit vous tombez sur une
publicité pour un naturopathe, vous pouvez être sûr que la personne concernée
reçoit beaucoup moins de patients qu’elle ne le souhaiterait. Il est vrai
qu’un naturopathe disposant d’une quantité suffisante de patients est une
exception. Il en existe peut-être un ou deux. La plupart d’entre eux ne
travaillent qu’un ou deux jours par semaine ou à mi-temps, ou encore ne sont
pas rétribués en contrepartie de leurs services. La plus grande partie de mes
collègues n’ont pas beaucoup de patients, mais parmi eux ils sont peu à
vouloir vivre en faisant de la publicité. Pourquoi ? Parce qu’ils sont
incompétents, parce qu’ils ne veulent pas “ briller ” devant
les autorités fiscales, parce qu’ils ne veulent pas “ jeter ”
leur argent dans de la publicité. Certains même jugent que se faire de la
publicité revient à se mettre à un “ rang inférieur ”.
Ceci étant, la publicité pour
le compte de médecins ou de naturopathes est interdite en Hongrie. Ceux qui
toutefois “ outrepassent l’interdit ” essaient en général de
diffuser un entretien à la télévision, la radio ou dans la presse, jettent
des prospectus dans les boîtes aux lettres, téléphonent à tous leurs anciens
patients pour leur demander comment ils vont et en profiter pour leur proposer
leurs services. Lorsque le naturopathe est “ à la mode ”, tout va
à merveille. Ce qui était le cas vers la fin des années 1980 et le début des
années 1990. À l’heure actuelle, l’argent investi dans la publicité télévisée
n’est pas amorti (s’agissant uniquement de la publicité pour les spécialistes
en médecine naturelle), seuls quelques patients se manifestent après une
publicité radiophonique, quant aux prospectus jetés dans les boîtes aux
lettres, cette méthode demande beaucoup de travail pour peu d’efficacité.
Reste donc le journal. Les petites annonces sont les plus répandues. Les plus
honnêtes ne sont pas celles qui font de la publicité, mais celles où figure
une annonce pour trouver tel ou tel spécialiste. Car la réclame s’inscrivant
dans les journaux est conçue pour attirer, c’est-à-dire qu’elle promet
bien plus que ce que l’on pourrait réellement espérer d’un traitement
donné.
L’article de presse n’est d’ailleurs pas mieux. Sous l’effet de
l’article souvent avec certains arguments d’esprit surgit en nous une
confiance inexpliquée, correspondant à un mélange de croyance sans réserve
et de fascination “ hypnotique ”. C’est ce qu’exploitent dans
une même mesure le politicien, l’homme d’affaires et le naturopathe à
l’initiative de l’article de presse.
Je déduirais de ce qui précède
la conclusion suivante : si vous pensez qu’il vous serait utile d’aller
consulter un spécialiste en médecine naturelle, mais que vous n’en
connaissez aucun et que vous ne pouvez obtenir des informations que sur la base
de journaux, portez alors votre attention sur ce qui suit :
Ne cessez pas vos recherches après
avoir lu la première annonce. Regardez toutes les réclames possibles.
Contactez toutes les adresses.
La conversation téléphonique permet d’obtenir plus d’informations que
quelques phrases publicitaires.
Rendez-vous chez trois ou
quatre naturopathes parmi ceux qui ont gagné votre confiance. Observez-les
selon les paramètres expliqués quelques pages auparavant.
Arrêtez ensuite votre choix sur
celui que vous trouvez le plus compétent.
Combien
coûte la guérison ?
Tout prend beaucoup plus de temps
que ce que vous aviez prévu ; rien n’est aussi simple que ça le
paraît ; c’est toujours plus cher que prévu.
Loi de Murphy
Cette loi vaut
aussi bien pour la médecine naturelle. Le patient aimerait guérir en une seule
séance, à un prix fixe et raisonnable. Chose qui est relativement rare. En
réalité,
plusieurs séances sont nécessaires sans toutefois garantir la guérison complète
et le montant des frais équivaut parfois à un tarif bien plus élevé que
celui auquel nous pensions. Par conséquent, si vous avez l’intention de vous
rendre chez un naturopathe, ne croyez pas vous en sortir pour 5 euros.
Mais à quoi peut-on
s’attendre, quand même ?
Laissons de côté dans nos
calculs les spécialistes européens de renom chez qui la séance peut coûter
jusqu’à 250 euros. En Europe de l’Est, en Russie et en Chine, une séance
coûte en moyenne 5 à 15 dollars ; en Europe de l’Ouest et aux
Etats-Unis, elle coûte 30 à 100 dollars. Comme vous pouvez le remarquer, la
différence entre les tarifs dans un même pays peut aller jusqu’au triple.
Quel naturopathe doit-on
chercher : le plus cher ou le moins cher ?
Dans ce cas précis, le
proverbe anglais selon lequel nous ne sommes pas assez riches pour acheter à
moindre prix n’est pas valable. Si vous ne voulez pas jeter inutilement votre
argent par la fenêtre, il faut alors faire la même chose que pour l’achat
d’une machine à laver ou d’un chien de race pure : avant d’acheter,
vous devez étudier le marché. La médecine naturelle n’est pas une machine
à laver. C’est du travail manuel. Une pièce fabriquée par un maître est
toujours plus chère que celle de son apprenti. Un naturopathe hautement qualifié
est toujours plus cher qu’un individu à moitié amateur. Cela va de soi. Il
n’est toutefois pas rare que le prix élevé de la séance ne dépende pas des
connaissances professionnelles, mais parce que celle-ci se déroule dans un
centre de santé très en vogue, que l’équipement du cabinet est plus cher ou
que s’y entassent des appareils inutiles. Parfois même sans aucune raison. Je
connais quelques praticiens moyens chez qui la séance coûte 3 à 5 fois plus
cher que chez les autres. C’est justement le prix élevé qui donne la force
d’attraction de ce genre de personne : “ plus c’est cher, mieux
c’est ” - pensent beaucoup de gens. Ce n’est pourtant pas mieux.
Les honoraires élevés ne
garantissent pas les connaissances professionnelles d’un naturopathe.
C’est pourquoi nous devons résister
à la “ fascination des gros chiffres ”. Au moment d’allez chez
un naturopathe, ne jugez pas d’après ses tarifs, mais d’après la confiance
qu’il vous inspire. Même si ce critère n’est pas objectif non plus. Il
peut arriver que vous soyez content au début d’avoir trouvé un naturopathe
aussi bon. Et qu’après la deuxième ou troisième séance, vous soyez désillusionné
en ne constatant aucune amélioration.
Ceci est la raison pour
laquelle vous ne devez en aucun cas accepter de payer à l’avance la totalité
des séances.
Que
voit le patient en regardant le thérapeute ?
La
consultation chez un naturopathe étant pour le malade un événement
particulier – surtout la première –, il prête alors une extrême attention
à tout ce qui l’entoure. Dans ces moments-là, la présence de déchets ou de
désordre dans la salle de consultation, ou encore son emplacement dans un sous-sol
humide sont des choses qui peuvent lui sauter aux yeux. On peut facilement en déduire
la conclusion suivante : le naturopathe aura la même relation avec vous
qu’avec son lieu de travail. De manière similaire, si la salle de
consultation est ordonnée, qu’elle a été aménagée avec bon goût, la
probabilité pour que le naturopathe vous traite avec considération est alors
plus grande. Bien entendu, le traitement “ avec considération ”
est généralement plus cher.
À présent, examinons de plus
près le naturopathe en personne. En fonction du ton qu’ils prennent lors de
leur premier entretien avec les patients, je classerais les naturopathes dans
différentes catégories. Figurent parmi eux les “ effrayants ”,
les “ testeurs ”, les “ condescendants ” et ceux (en
minorité) qui mesurent leurs capacités de manière réaliste.
L’effrayant : d’entrée,
il diagnostique une maladie effroyable que vous ne suspectiez pas : “ votre
foie est contaminé ”, “ votre cervelle est à moitié desséchée ”,
“ votre colonne est bonne à jeter ”. Le “ cancer qui débute ”
est bien sûr des plus courants. Naturellement, lui seul est capable de vous
guérir.
Évidemment pour une somme gigantesque. Avec beaucoup, beaucoup de séances.
Le testeur : ce sont
d’habitude des naturopathes débutants, dont les compétences s’avèrent
encore incertaines. Vous avez des migraines ? Essayons les herbes
médicinales.
Ça n’a pas marché ? Essayons quelque chose d’autre. Vous êtes également
constipé ? On va aussi essayer de soigner cela.
Vous ne devez pas nécessairement
fuir ce genre de naturopathe. Essayez-le quand même. Surtout si tout cela ne
vous coûte pas cher. Mais ne vous attendez pas particulièrement à un bon
résultat.
Le condescendant : vous
avez des migraines ? Ce n’est pas grand chose. Vous allez guérir en une
minute. Les plantes médicinales sont le meilleur remède. Comment ? !
Vous êtes également constipé ? Mais pourquoi venez-vous me voir pour des
broutilles ? Moi, je ne m’occupe que des cas désespérés. On vient
justement de me refiler deux mourants. Mais puisque vous êtes là, je vous
laisse passer à la caisse.
Là, soyez prudent ! Si un
naturopathe a besoin de confiance en soi pour atteindre des résultats, une trop
grande suffisance peut nuire à votre personne. Personnellement, je fuirais ce
genre de personnage.
Lequel choisir, alors ?
Celui qui instinctivement vous inspire confiance. Celui qui, avec des mots
simples, est en mesure de vous dire quel est votre problème, et sans trop de
promesses vous explique qu’il a, dans sa pratique, rencontré d’autres cas
similaires et que – disons – sur dix cas, sept ont réagi au traitement.
Ce critère n’est évidemment
pas le seul à prendre en compte dans le choix d’un spécialiste en médecine
naturelle. Suivez vos intuitions ! Il n’existe aucun critère universel
pour cette question.
Que
voit le thérapeute en regardant le patient ?
Comme pour les
naturopathes, les patients aussi peuvent être classés en plusieurs catégories.
Le lapin face au boa : ce
genre de malade a déjà été “ ensorcelé ” par la renommée du
naturopathe. Il épie tous les faits et gestes du “ maestro ”. Il
considère même les plus grosses bêtises du naturopathe comme des “ révélations
ésotériques ”. En sachant que les “ lapins ” peuvent
facilement être “ contaminés ” par des maladies suggérées
involontairement par un médecin ou un naturopathe, le spécialiste compétent
doit être extrêmement prudent avec eux et leur parler de manière floue, comme
un politicien répondrait aux questions d’un journaliste.
Celui qui porte la croix de sa
maladie : ce genre de malade est auto-programmé à l’avance pour penser
que “ plus personne ne peut l’aider ”, tandis qu’il regarde le
naturopathe comme s’il en cherchait involontairement la “ preuve ”.
Son regard n’est déjà pas “ naturel ”, ses réponses non plus,
et l’on peut facilement lire dans ses pensées : “ mais au fait,
qu’est-ce que je fais ici ”. Personne ne serait surpris à ce moment-là
de voir le naturopathe lui parler comme une institutrice de maternelle à un
enfant qui ne comprend rien. Autrement, tout lui semblerait incompréhensible.
Celui qui porte la croix de sa
santé : ces personnes ne sont pas en bonne santé, elles sont, de manière
similaire au cas précédent, constamment malades. À la seule différence
qu’elles se comportent différemment avec le naturopathe : “ vous
êtes le seul à pouvoir m’aider, je viendrai vous voir tout le temps que cela
sera nécessaire ”. Pour ce genre de malades, c’est effectivement mieux
si quelque part ils se font continuellement soigner. Peu importe où,
l’important est d’avoir quelqu’un chez qui ils peuvent toujours se “ recharger ”.
Je connais la chanson : ce
type de personne parle au naturopathe en se prenant lui-même pour le président
de la République ou une institutrice de maternelle, tandis que le spécialiste
serait dans le meilleur des cas un serveur de café. “ Bon, à quel
traitement devrons-nous procéder ? ” – pourrait-il demander. “ Mais
faites bien attention, parce que vous n’allez pas m’avoir avec vos vieux
trucs de rebouteux. Ce n’est pas mon genre. ” - serait-il capable de
rajouter en pensée.
Cette catégorie figure parmi
les cas les plus difficiles. Sans pour autant être désespérant. Un tel
comportement correspond à une sorte de protection instinctive. Mais contre quoi ?
Comme ça, pour une question de sécurité, par habitude. Comment peut-on les désarmer ?
La plupart du temps, en congédiant le malade. En revanche, si le naturopathe
reste maître de ses sentiments et trouve la voie qui le mène à la confiance
du patient, les conditions pour la guérison sont alors toutes trouvées.
Il existe encore bien
d’autres types de patients, mais souvent le naturopathe arrive à pressentir
le diagnostic juste en voyant le malade ou d’après son comportement. Voyons
à présent ce que signifie le diagnostic en médecine naturelle.
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